Jean-Pascal van Ypersele, professeur à l’Université catholique de Louvain (Belgique) est vice-président du GIEC ,
le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, mis en place par le programme des Nations Unies pour l’environnement et l’Organisation Météorologique Mondiale.
Depuis Poznan, où se tiennent des négociations sur l’avenir de la Convention Climat de l’ONU, il
réaffirme le message des scientifiques dans l'interview ci dessous qu'il m'a accordée.
Alors que la plupart des gouvernements sont représentés à la Conférence de Poznan dans le cadre de la Convention climat de l’ONU quelles sont les dernières nouvelles de la recherche dans ce domaine ?
Jean-Pascal van Ypersele : Je n’ai rien lu ces trois dernières années dans les revues scientifiques spécialisées qui aille à l’encontre des conclusions majeures du dernier rapport du GIEC. C’est déjà un élément de réflexion important. Des articles complètent ce que nous avons écrit à propos de l’élévation du niveau des océans qui pourrait être bien supérieure aux chiffres du dernier rapport (60 cm au maximum d’ici 2100, et plus ensuite), en raison de phénomènes liés aux glaces de l’Antarctique et du Groënland.
«Ce qui se passe est historique, il n’y a pas un continent au monde qui
soit doté de règles aussi contraignantes que celles adoptées aujourd’hui à l’unanimité», s’est réjoui vendredi Nicolas Sarkozy à l’issue du Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement qu’il présidait pour la dernière fois.
«L’Europe est pionnière dans la lutte contre le changement climatique», lui a fait écho Angela Merkel, la chancelière allemande. Quant au président de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso, il n’a pas résisté à la tentation du slogan : «Yes we can, and yes you can», appelant ainsi les partenaires de l’Europe à prendre des engagements similaires sur le climat.
des objectifs
réaffirmés sans garantie de résultat !
ll faut reconnaître à la Présidence française son volontarisme et sa pugnacité pour aboutir à un accord des 27 Etats membres de l'Union Européenne sur le Paquet Climat Energie dans un contexte historique de crise financière et économique internationale.
Pour Corinne Lepage, présidente de CAP21 et vice-présidente du MODEM, si l'on
peut se féliciter de la portée symbolique de l'accord autour de l'objectif des "3x20" à l'horizon 2020 (20% de diminution des consommations d'énergie, 20 % de part d'énergies renouvelables, 20 %
de réduction des gaz à effet de serre) et du signal envoyé au reste du Monde, il faut toutefois observer que les moyens pour y parvenir souffrent de nombreux compromis.
C'est ainsi que les dérogations accordées réduisent le niveau d'effort d'un certain nombre d'Etats et de leurs industries. Il en va ainsi des allocations gratuites et mises aux enchères progressives des quotas de CO2 accordées aux industries énergivores de l'Allemagnes ou aux centrales électriques au charbon des Pays de l'Est. Le lobby industriel a donc largement réduit les contraintes jouant de la récession pour obtenir ces aménagements. Les revenus qui auraient pu être générés par le marché de quotas ne seront pas mobilisables pour aider les pays en voie de développement à s'adapter au changement climatique.
Longtemps, elle a été une
simple figurante : dans le protocole de Kyoto, qui régit, depuis 2005, la gouvernance internationale sur le climat, on ne la voit qu'à peine. Mais la forêt, dans la lutte contre le réchauffement,
est en train de conquérir un rôle à sa mesure.
Pour la première fois, la protection des forêts tropicales a été prise en compte, en décembre 2007, à Bali, où les Nations unies établissaient la "feuille de route" de l'après-Kyoto. Le massif forestier européen, lui, vient de tenir la vedette d'une conférence organisée à Nancy, du 6 au 8 novembre, par la présidence française de l'Union européenne (UE), dans le cadre des négociations sur le climat. L'enjeu, cette fois, étant moins de protéger les forêts que de mieux les gérer, et d'exploiter au mieux leurs capacités à constituer un "puits" de carbone.
À quelques jours des sommets européens réunissant les chefs d'Etat et de gouvernement (conseil européen des 15 et 16 octobre) et
les ministres de l'environnement (les 20 et 21 octobre), les associations de protection de l'environnement tirent le signal d'alarme. La présidence française de l'Union européenne (PFUE), qui a
démarré le 1er juillet dernier, arrive à mi-parcours et les associations dressent déjà un constat d'échec.
Graphique : Les engagements du protocole de Kyoto et la réalisation pour les plus anciens membres de l'Union Européenne (EU-15) (source EUROSTAT)
NdlR : Comme on peut le constater, les objectifs, pourtant modestes, de
Kyoto, de réduction des gaz à effet de serre ("greenhouse gas" en anglais) ne sont pas prêts pour l'instant d'être atteints. Et c'est pour cela que nous avons bien besoin d'une politique
européenne commune volontariste et contraignante. M.E.
La Nasa, l'agence spatiale
américaine, dont les satellites sont la principale source d'informations sur le climat terrestre, note sur son site Internet qu'en raison de la montée des températures à la surface du globe "un
plus grand nombre d'ouragans et de tempêtes tropicales pourraient se produire et être plus violents".
La saison 2008 (de juin à novembre pour l’activité cyclonique) a été particulièrement active dans
l'Atlantique avec jusqu'à présent neuf tempêtes tropicales dont près de la moitié sont devenues des ouragans, c’est-à-dire quand la vitesse des vents atteint 120 km/h. Le dernier cyclone en date,
Ike, de force 2 (154 à 177 km/h) sur une échelle qui en compte 5, a dévasté une
partie du Texas samedi 13 septembre.![]()
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Les Pays-Bas, menacés par le réchauffement climatique, doivent se prémunir contre les effets dévastateurs de l'eau en
investissant des milliards d'euros d'ici 2100 pour renforcer leurs digues et protéger leurs côtes, selon un rapport remis aujourd'hui au gouvernement néerlandais.
"Le défi sécuritaire est déjà urgent dans plusieurs endroits aujourd'hui et ne va devenir que plus important avec une hausse du niveau de la mer et une plus grande variation dans les débits des rivières", écrit dans son rapport la commission Delta.
Le "programme Delta", qui doit remédier à cette situation, prévoit notamment un renforcement draconien de la sécurité et de l'entretien des nombreuses digues protégeant les Pays-Bas et d'injecter le long des côtes des bancs de sables artificiels.
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Des scientifiques américains ont affirmé que les glaciers Jakobshavn et Petermann sont en passe de se désintégrer. Couvrant 1 295 km2, le
glacier Petermann a perdu un morceau de 29 km2 en juillet.
Deux des plus grands glaciers du Groenland sont en passe de se désintégrer, ont estimé jeudi des scientifiques américains qui analysent quotidiennement des images satellites de la Nasa.
Un morceau de 29 kilomètres carrés du glacier de Petermann dans le nord du Groenland s'est détaché entre le 11 et 24 juillet, ce qui correspond à la moitié de la superficie de Manhattan, a précisé Jason Box, professeur-associé au centre de recherche polaire de l'Université d'Ohio (nord) dans un communiqué.
Les précédentes pertes importantes de glaces flottantes subies par le glacier Petermann, à savoir 86 kilomètres carrés, se sont produites entre 2000 et 2001.
Mais ce qui inquiète encore davantage Jason Box et son équipe dans les dernières images satellitaires est une énorme brèche partant du bord du glacier Petermann et qui pourrait signaler la brisure prochaine d'une partie beaucoup plus importante.
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La Netherlands Environmental Assessment Agency (NEAA) a rendu public ses
estimations concernant les émissions mondiales de CO2 de l'année 2007. L'agence s'est appuyées sur les données de la production de ciment et de l'énergie publiées récemment par le groupe British
Petroleum (BP).
Sur l'année 2007, les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 3,1 %. Pour la première fois, c'est la Chine qui arrive en tête des plus gros émetteurs de CO2, devant les Etats-Unis. L'organisateur des JO, qui a enregistré une augmentation de 8 % de ses émissions, a contribué aux deux tiers de la hausse des émissions mondiales. Au classement, la Chine n'est pas loin de compter pour un quart des émissions mondiales (24 %), elle est suivie des Etats-Unis (21 %), de l'Union Européenne à 15 (12 %), de l'Inde (8 %) et de la Russie (6 %).