Brûler des arbres pour de l’énergie menace le climat, les forêts et la population

Le développement actuel de la biomasse forestière au Québec et au Canada menace nos forêts et accélérera le dérèglement climatique pendant des décennies », a affirmé Nicolas Mainville, responsable de la campagne Forêt chez Greenpeace et auteur du rapport. « La quantité de bois provenant de nos forêts publiques et brûlée dans des centrales électriques ou comme biocarburant est en croissance exponentielle, à l’insu de la population, et sans que nos gouvernements n’aient mis en place des balises environnementales strictes ».

Ce rapport passe en revue la littérature scientifique la plus à jour et démolit les allégations d’énergie propre, verte et carboneutre véhiculées par les gouvernements et l’industrie. Ce qui était traditionnellement une utilisation locale et à petite échelle des résidus à l’usine pour produire de la chaleur en cogénération se transforme rapidement en une utilisation à grande échelle des forêts pour la combustion, un changement radical du rôle de nos forêts publiques. Suite aux nouvelles politiques d’approvisionnement en biomasse, la quantité de bois extraite des forêts canadiennes pourrait plus que doubler.

L’augmentation de la demande en bois, liée au boom des bioénergies, préoccupe grandement Greenpeace qui voit cette tendance comme une augmentation drastique de la pression sur nos forêts et une compétition directe avec le secteur forestier traditionnel et les emplois en forêt.

Notons qu’à ce jour, les émissions de CO2 provenant de la bioénergie forestière ne sont pas comptabilisées par les gouvernements parce que considérées « carboneutres ». En réalité, ces émissions – environ 40 mégatonnes de CO2 annuellement au Canada – dépassent celles du parc automobile canadien pour 2009, et contribuent aux changements climatiques pendant des décennies, voire des siècles, jusqu’à ce que les arbres en régénération recaptent le carbone émis.

« Brûler à des fins énergétiques ce qui était jusqu’alors épargné par les coupes forestières risque de créer un nouveau fiasco environnemental et éloigner le secteur forestier d’un développement réellement durable », a ajouté M. Mainville. « Greenpeace appelle à une suspension des projets en cours, à la tenue d’audiences publiques et à une comptabilisation annuelle complète des émissions de GES provenant de l’ensemble du cycle de vie de la biomasse ».

Le Canada a exporté 1,2 million de tonnes de granules de bois vers l’Union européenne, une augmentation de 700 % en moins de huit ans. La sortie de ce rapport coïncide avec l’ouverture du premier marché d’échange de la biomasse en Europe (APX-ENDEX), dont l’un des actionnaires est la Caisse de dépôt et placement du Québec.

En savoir plus

Les dix chantiers prioritaires « Climat-énergie du Nord-Pas de Calais »

  1. 26 agences locales « Climat-énergie » sur la région.
  2. Un vaste programme de réhabilitation des bâtiments anciens d’habitat et d’activités tertiaires avec des exigences de performances thermiques croissantes.
  3. Des réseaux de chaleur à chaque nouvelle opération d’habitat et d’activité économique (neuf ou réhabilitation) dès que cela est possible et pertinent.
  4. Un vaste plan de modernisation des moteurs électriques dans l’industrie
  5. Une offre électrique diversifiée, propre et sûr et un réseau de production électrique décentralisébasé sur les énergies renouvelables les plus adaptées.
  6. Le non renouvellement des réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines par une fermeture successive des six réacteurs s’étalant jusque 2030.
  7. La diminution et l’arrêt de l’étalement urbain à l’horizon 2020
  8. Une révolution des transports, en accordant la priorité aux alternatives à la voiture individuelle et au camion
  9. Une sidérurgie innovante qui ne se délocalise pas et qui pollue moins.
  10. Une adaptation de la région aux dérèglements climatiques à venir.

 

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