Inconscient ou délibéré, un travail de sape est à l'oeuvre sous nos yeux. En dépit de beaux discours affirmant que, dans la crise, l'Union est indispensable,
la plupart des gouvernements de l'UE galvaudent l'élection du Parlement européen. Non seulement ils ne cherchent guère à mobiliser les électeurs, mais, en coulisse, ils veillent à s'assurer que
le huis clos diplomatique l'emportera encore une fois sur la démocratie au grand jour. Aux questions les plus simples des électeurs, aucune réponse claire n'est apportée. La France ne fait pas
exception.
Pourquoi vote-t-on ? Nul ne l'explique. Aucune campagne civique de grande ampleur sur la date du scrutin, ses modalités et les compétences du Parlement n'a été lancée. L'Europe, qui a la chance d'être dotée du seul Parlement supranational élu au suffrage universel direct au monde, ne souffre pas de "déficit démocratique".
Sylvie Goulard est conseillère des affaires étrangères actuellement en disponibilité,
actuellement présidente du MEF. Elle est également chercheuse associée au Centre d’Etudes et de Recherches Internationales (CERI)
et elle enseigne au Collège d'Europe à Bruges.
Elle est licenciée en droit, diplômée de Sciences Po (Paris) et de l'École nationale d'administration
(ENA).
Elle est membre du Modem et est la tête de liste dans la circonscription Ouest pour les élections européennes
de juin 2009.