Recherche

Liens

  • Nord Eclair - 28/01/2007

  François Bayrou (UDF) en meeting à Lille. À droite: Arlette Laguillier (LO) et Olivier Besancenot (LCR) chez les Québécor. Photo Hubert Van Maele

Le débat politique est actuellement monopolisé par les deux formations majoritaires PS et UMP. Les candidats des autres partis sont comme invisibles.

Rencontre avec ces militants locaux qui n’ont pas le droit à la parole.


VIOLAINE MAGNE  > e Ségo-Sarko show, voilà à quoi semble se résumer la campagne électorale aujourd'hui. Cette bipolarisation de la vie politique entre PS et UMP, tous les militants des autres partis en font l'amer constat. Ils parlent beaucoup de « confiscation ». Confiscation de la parole, des médias, de leur premier tour.
« Le premier pouvoir, c'est le pouvoir financier. Le deuxième, le pouvoir médiatique, le pouvoir des idées, ça vient après », déplore ainsi la militante verte, Sabrina Schliwanski. « De toute façon, ces deux partis ont un pouvoir financier que nous n'avons pas, note l'UDF Patrice Michelle. La machine est plus puissante, les relais plus importants, le lobbying marche mieux. » Ce bipartisme agace.
Christophe Beaudouin, militant pour le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers parle d’ « un véritable déni de démocratie ».
Dans un autre parti à l’extrême droite de l’échiquier politique, le Front national, Éric, 26 ans, pointe un coupable :
« Notre premier ennemi, ce sont les médias ».

Semer pour récolter

Souvent, les militants ne sont pas étonnés : « On a déjà connu ça en 2002. On ne parlait que de Chirac et Jospin. Mais quand les questions fondamentales ne sont pas traitées, ça laisse la place à des surprises. Il y a cinq ans, c’était Le Pen... », prévient Jan Pauwels, de la Ligue communiste révolutionnaire.
La plupart des partis attendent que l'agitation médiatique s'apaise : « on sème lentement mais sûrement pour récolter en temps et en heure », explique Patrice Michelle pour l’UDF.
En attendant donc, les « petits » partis font campagne. Quand on n’a pas la cote à TF1, on applique les fondamentaux : tractage et collage. Par exemple, même si Jean-Marie Le Pen monte dans les sondages sans quasiment rien dire, les adhérents Front national travaillent d’arrache-pied. « Il n’y a rien d’acquis, il faut se battre tout le temps. On a un message à faire passer, pas de temps mort », déclare Frédéric Butez, conseiller municipal à Roubaix.
L’UDF et les Verts se positionnent sur le terrain des idées : « On n’en a rien à faire de savoir si Doc Gynéco a fumé un pétard avec Nicolas Sarkozy. Sur le terrain, les gens ont envie d’entendre parler d’autres choses, de savoir comment leur gamin retrouvera un emploi, comment ils se déplaceront, des choses très quotidiennes », affirme Sabrina Schliwanski.

L’outil Internet

Loin des grands médias, les partis diffusent leurs idées par d’autres moyens. Internet : « On utilise ce qui se fait de mieux, les blogs » , explique Laurent Jeannas pour Cap 21. Christophe Beaudouin du MPF remarque : « On a bien vu lors du référendum sur la Constitution européenne qu’Internet était un outil-clé. » Les nouvelles technologies côtoient les méthodes plus traditionnelles : « Je milite au niveau de mon entreprise, explique Marcelle, 50 ans, communiste. Et les gens me parlent de leurs problèmes de logement, de travail, de la vie de tous les jours. Dans les grands discours, on n’entend pas parler de ces souffrances. » Pour l’extrême-gauche, la politique se joue sur les lieux de travail. À tel point que Régis Debliqui, de Lutte ouvrière affirme : « Notre force, c’est la mobilisation collective des travailleurs. Les élections, c’est un moment pour défendre ses points de vue et se compter. » Les militants veulent se faire entendre dans des domaines fondamentaux. Le service public : « Il faut garder un service public pour les choses vitales, l’eau, l’énergie. Ce doit être géré par l’État et donc la population », propose ainsi Philippe Bernard des Verts. La LCR demande un bilan des privatisations. L’Europe. « Il faut restaurer la souveraineté de la France », affirme Christophe Beaudouin du MPF. Quand Maxime Degruson de l’UDF dénonce « la façon dont l’État Français a démoli l’image de l’Europe auprès des citoyens ».
Les Verts, mais aussi le PC parlent environnement et économie solidaire. Le thème de la réforme des institutions, avec une plus grande place à la proportionnelle est récurrent. Les militants se préoccupent aussi de sécurité et d’immigration pour les uns, d’enseignement et de culture pour les autres.
Autant d’idées qui nous rappellent que les campagnes électorales sont des moments de réflexion sur notre destin collectif.

www.nordeclair.fr

Retour à l'accueil
 
création de blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus