Le candidat de l’UDF François Bayrou, en meeting au Zénith, a appellé les Français à une "révolution pacifique". Devant près de 7000 auditeurs, il a défendu longuement son "projet de la résistance". C’est la première fois que le député béarnais s’exprime dans une salle aussi grande. Malgré son léger recul dans les sondages, il affiche aujourd’hui sa conviction de parvenir à ses fins : devenir le prochain président de la République française. Ambiance survoltée
Quelques centaines de personnes restent dehors, les yeux rivés sur des écrans géants. A l’intérieur du Zénith de Paris, près de 7000 auditeurs, parfois venus de loin, scandent "Bayrou président" en attendant leur candidat. Quand François Bayrou prend enfin place, après un bain de foule, sur la scène, les applaudissements et les acclamations fusent de toutes parts.
C’est dans une ambiance survolté que le candidat centriste se lance dans un discours plus offensif qu’à l’accoutumée. Habitué à l’improvisation, il s’en tient cette fois-ci à son discours écrit. "Après ces présidents de la République arrangeants, il y a besoin d'un président de la République dérangeant", affirme-t-il. "La France a besoin d'une révolution pacifique, (…) le PS et l'UMP, c'est la certitude que rien ne changera." Il a accuse notamment ses adversaires de collusion avec les "puissants", les pouvoirs industriels et la presse.
Une salve anti-Sarkozy
François Bayrou réserve ses piques les plus aigues à Nicolas Sarkozy, l'homme "qui voudrait que la France soit l'Amérique". Dénonçant son mépris du monde paysan, des ouvriers et des professeurs, il y oppose sa vision républicaine de la France : "Si nous continuons à dresser les Français les uns contre les autres, nous continuerons à décliner ensemble", lance-t-il à l’adresse du candidat de l’UMP.
Le centriste fustige également le PS, et dévoile quelques aspects de son programme. Il commence par l’écologie, qui est "d’habitude un sujet supplémentaire, ou complémentaire" et qui doit être un "sujet principal". Il en profite pour saluer Corinne Lepage, qui lui apporté son soutien et qui est assise au premier rang.
François Bayrou évoque aussi l’emploi, la lutte contre l’exclusion, la réforme des retraites qu’il veut mettre en place et l’Europe, à laquelle il consacre vingt minutes. Cette "Europe avec laquelle il veut réconcilier les Français" et dont "le monde a besoin".
« Je ne changerai pas »
Mais c’est avant tout l’image d’un président proche du peuple, humain, voire paternaliste que François Bayrou tente d’imposer. "Je serai président avec ce bagage de tendresse, d'amitié, de paternité, de culture de mon pays, de sens de notre histoire, de goût de changer les choses. Je n'abandonnerai rien", lance-t-il sous une salve d’applaudissement.
Comme pour mieux convaincre, il termine son discours d’1h30 en s’adressant à sa famille : sa mère, qui touche une retraite de 641 euros par mois, ses enfants, présents dans la salle, et son épouse. "Si je suis président de la République, je ne changerai pas", leur promet-il.
"Il n'y avait pas de meilleur jour pour le dire que le jour du printemps. Vive la France et vive la vie", conclut-il, avant que ne résonne la Marseillaise.



