Un Boeing qui fonctionne au biocarburant? C'est ce que promet Richard Branson, PDG de la compagnie aérienne Virgin Atlantic. Les biocarburants connaissent un vrai boom aux Etats-Unis et en Europe. Mais des experts soulignent les menaces qu'ils font peser sur l'environnement. Une étude américaine vient de montrer que la généralisation du bioéthanol augmenterait la mortalité liée à la pollution de l'air. Et la conversion de l'agriculture pourrait avoir aussi de graves conséquences.
Les biocarburants, souvent présentés comme propres seraient plus polluants que les carburants classiques ? C’est la conclusion d’une étude américaine, publiée dans la dernière édition de la revue en ligne Environmental Science & Technology. Pire, le bioéthanol, dont le gouvernement américain fait la promotion pour répondre au réchauffement climatique, pourrait accroître la mortalité liée à la pollution atmosphérique.
Aussi dangereux que l'essence
En comparant les deux, il observe une hausse de 4 % du nombre de décès liés aux émissions de gaz à effet de serre, et notamment de la présence d’ozone dans l’air. «Un mélange de d’essence avec une concentration très élevée d’éthanol présente un risque égal, voire plus grand pour la santé publique, que l’essence seule», précise Marc Jacobson.
Mortalité en hausse de 9% à Los Angeles
Les simulations soulignent aussi une forte augmentation des pathologies dans certaines villes comme Los Angeles, où la mortalité pourrait augmenter de 9 %. La présence d’une cuvette et le fort ensoleillement combinés à l’absence de vent contribuent à la retenue de la pollution. Le nombre d’hospitalisations et de cas d’asthme devraient également progresser.
«Les maladies liées à la pollution atmosphérique sont la 7e cause de mortalité dans le monde», rappelle Mark Jacobson. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’environ 800 000 personnes meurent chaque année à cause de la pollution atmosphérique.
Un rapport publié par le gouvernement américain avait pourtant montré que le développement des biocarburants devrait permettre de diviser par 2 les émissions de gaz carbonique. En 2010, 10 % des véhicules rouleront à l’éthanol, selon l'objectif fixé par le gouvernement.
Le bilan écologique en question
L'Institut français du pétrole (IFP) et l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie) devraient publier en septembre la première étude française sur le bioéthanol en tant que carburant.


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