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Près d’un métropolitain sur cinq vit en milieu rural. Mais politiques et médias ignorent cette population des campagnes et des zones périurbaines. Un récent rapport de l’Igas montre pourtant que
cette «France des champs» est beaucoup plus pauvre que la « France des villes ». Et beaucoup plus discrète aussi.
Il existe une France des invisibles, une France dont personne — politiques et médias réunis — ne parle. Ou
si peu. Cette France-là, c’est celle des campagnes. L’Inspection générale des affaires
sociales (Igas) s’est penchée sur ces inaudibles au travers d’un rapport intitulé « Pauvreté, précarité, solidarité en milieu rural ». Publié fin 2009, il n’a évidemment
pas fait grand bruit.
Pourtant, ces « Français des champs » sont au nombre de 11 millions, « soit 18% de la
population de France métropolitaine ». Et leur situation n’est pas aussi enviable que ce que peuvent penser les « Français des villes » abreuvés au mythe de la vie au grand
air et du retour à la terre : « Les personnes âgées en milieu rural, écrivent dans leur synthèse les rapporteurs, sont proportionnellement plus nombreuses : 27 % de plus de 60
ans, contre 21 % en milieu urbain. Mais surtout les catégories les moins qualifiées sont sur-représentées parmi les actifs en emploi : 32% d’ouvriers et 27 % d’employés, contre 7 % de cadres et
professions intellectuelles (7% d’agriculteurs). Dans les dernières années, le milieu rural a subi de plein fouet les réductions d’emploi qui ont touché les secteurs de l’industrie et de
l’agriculture. »
Résultat des courses, « le taux de pauvreté monétaire moyen dans l’espace rural en 2006 est de
13,7%, contre 11,3% dans l’espace urbain. Les ruraux sont donc en moyenne “plus souvent pauvres”. » Ce chiffre dépasse même les 19%, dans « plus d’un tiers des départements de
France métropolitaine » (notamment dans le Nord de la France, en Paca, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Auvergne, Limousin…).
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