CAP21 mouvement politique, écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage, avocate, député européenne, souhaite exprimer son opposition à la construction de cette plateforme de terminal méthanier sur le site du Clipon pour plusieurs raisons.
Sûreté industrielle et maîtrise des risques pour les populations et l'environnement
Comme l'ont indiqué à juste titre déjà plusieurs association, il ne parait pas raisonnable au mouvement CAP21 de permettre l'installation d'une nouvelle activité classée ICPE au niveau le plus élevé Seveso, dans une zone qui comporte déjà plus de 13 installations classées Seveso.
Au-delà des risques industriels intrinsèques (incendie, explosion, échappement de gaz,...) la conjonction de présence d'usines chimiques, d'une centrale nucléaire, certes de l'autre côté de la baie font craindre le scénario d'un embrasement généralisé ou d'un effet domino de succession d'explosions (l'accident de Feyzin avec la projection de réservoirs de gaz est encore dans la mémoire des pompiers et des populations)
Comme cela a été aussi identifié par d'autres associations, la proximité du terminal méthanier fait craindre une potentiel utilisation de celui-ci comme cible pour les terroristes avec des conséquences pouvant être dramatiques pour les autres sites industriels voisins (explosion, incendie, échappement gaz toxiques...)
L'opportunité énergétique et économique du projet
Après le Grenelle de l’Environnement imposant des efforts dans le sens de l'utilisation des sources d'énergie renouvelables, n’est-il pas étonnant d’investir dans le gaz, source fossile ? Certes l’opportunité du projet a été confirmée par EDF, mais il est paradoxal, à l'approche du sommet de Copenhague, de voir encore publier des scénarios de croissance de la demande énergétique et de justifier ainsi la mise sur pied d'augmentation de capacités gazières. Le point de vue de CAP21 qui recoupe celui de nombreux experts présents au Grenelle de l'environnement est qu'il faut tabler de manière énergique sur l'augmentation de l'efficacité énergétique dans l'habitat, le transport, les processus industriels et dans les utilisations informatiques, bureautiques diverses et multimédia. En clair, mieux isoler, gaspiller moins, travailler à de meilleurs rendements des installations et équipements, inciter les habitants à utiliser plus les modes doux de transports et les transports en commun par exemple.
Demain, il faudra donc être sobre en énergie, il faut donc aujourd'hui penser à long terme. Et là, dans ce projet, on se situe clairement dans la surconsommation, dans la poursuite de la prédation de la planète, et non pas dans une démarche volontariste de développement durable.
Quant à la création d'emplois, bien que non négligeable, elle est à terme très modeste : 50 emplois environ.
Les menaces pour la nature et la biodiversité
Loon-Plage pourra t-il encore s'appeler Loon-Plage si nous prenons en compte le rétrécissement supplémentaire de la plage que va provoquer l'installation de cette plate-forme ? Nous attirons l'attention sur le côté profondément inesthétique de cette future implantation qui contribuera à défigurer un peu plus les paysages naturels.