L'OBSERVATEUR DE BEAUVAIS
On connaît le drame des marées noires. Mais une pollution plus insidieuse impacte depuis des années les milieux marins : les déchets. En effet, la mer a longtemps servi de poubelle mondiale (déchets en mer, épaves coulées, munitions immergées…), sans qu’aucune réglementation ne vienne encadrer ces pratiques. Le Grenelle de la Mer, initié en décembre 2008, a créé un groupe de travail dédié à cette problématique déchets. Parmi, les dossiers prioritaires, celui des macro déchets. C’est un problème sociétal, qui concerne tout le monde. Ce n’est pas une problématique locale, explique François Galgani, chercheur à l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), qui participe au comité opérationnel Déchets. La partie la plus visible de cette pollution est constatée chaque année au travers des plages souillées et des campagnes de nettoyage. Mais ce problème est beaucoup plus vaste et surtout beaucoup plus complexe à résoudre. Si pour l’homme, cette pollution est avant tout visuelle, les grands organismes marins sont victimes d'étouffement à la suite d’ingestions. Les planctons seraient également impactés par la présence de micro déchets (micro plastiques, plastiques en décomposition…).
CAP21 dénonce l'action des lobbies pour favoriser le développement de l'incinération en France et
manifeste son opposition la plus vive à la modification de l'article 41 du projet de loi Grenelle 1 adopté en première lecture par les députés. Cet article indique en effet que le »traitement des
déchets résiduels doit être réalisé prioritairement par la valorisation énergétique « , autrement dit par l'incinération.
Pour Eric Delhaye,
président délégué de CAP21 et vice-président du syndicat départemental de traitement des déchets de l'Aisne, cette rédaction est à mettre en parallèle avec les modifications qui vont intervenir
sur la Taxe Générale sur les Activités Polluantes. En effet, alors que l'Etat prévoit de quadrupler la TGAP sur la tonne de déchets enfouie d'ici 2015 pour la mettre à 40 euros la tonne, il créé
une TGAP sur les incinérateurs dont le montant sera porté à un montant variant de 5 euros à 8 euros la tonne incinérée d'ici 2011 soit à un niveau considérablement inférieur à celui de
l'enfouissement. Comment ne pas y voir à nouveau un encouragement fort à l'incinération ?
Rappelons que Corinne Lepage avait lancé un appel pour un avenir sans incinérateurs en 2005 face à la gravité des innombrables problèmes sanitaires, environnementaux et socio-économiques, posés par les dioxines furanes et autres substances toxiques de synthèse résultant de la combustion industrielle des déchets ménagers. Cette pétition avait notamment reçu le soutien des professeurs Jean-Marie Pelt et Dominique Belpomme et recueilli près de 10 000 signatures. CAP21 espère que la poursuite du débat au Sénat et la 2ème lecture permettront de revoir la rédaction finale du texte.
Eric Delhaye.
Voir notre article déjà publié à ce sujet
A force d’entasser les kilos, le surpoids devient un problème et le régime minceur s’impose. Ce diagnostic santé s’applique à… nos
poubelles qui ont doublé de volume en quarante ans. Et les bonnes résolutions ont obtenu jusqu’ici des succès très mitigés : les efforts pour gagner quelques kilos ont été submergés par
l’explosion de nouveaux déchets.
Pollution visuelle, risque
pour la santé mais aussi pour notre environnement... Tels sont les dangers que représente l’existence massive des stocks de pneumatiques usagés. Face à cette situation, un accord sur la base du
volontariat sera signé le 20 février 2008 par les principaux acteurs du secteur et Nathalie Kosciusko-Morizet. Les vieux pneus sont dans le collimateur en France !
Le Conseil des ministres a examiné mercredi un projet de loi sur la gestion des déchets nucléaires qui ouvre la voie à l'ouverture en 2025, probablement à Bure (Meuse), d'un centre de stockage en profondeur, au grand dam des écologistes.
Le texte, qui sera défendu à partir du 6 avril au Parlement par le ministre délégué à l'Industrie François Loos, ambitionne d'apporter une "solution sûre et de très long terme" au problème des déchets de l'industrie nucléaire.
Selon le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), celle-ci produit chaque année 3.000 mètres cube de déchets à vie longue, qui resteront radioactifs pour certains pendant plusieurs centaines de milliers d'années. A l'heure actuelle, ces déchets sont entreposés dans des installations de surface, qui n'ont pas été conçues pour les stocker définitivement.
A l'issue de 15 années d'études prévues par la loi Bataille de 1991, le gouvernement opte avec ce projet de loi pour le stockage des plus dangereux de ces déchets en "couche géologique profonde".
Alors que des recherches en ce sens sont déjà menées sur le site de Bure, le texte accorde "quelques années" à l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) pour "sélectionner un site et achever les études de conception". "Un dossier de demande de création devrait être instruit à l'horizon 2015, en vue d'une mise en exploitation de l'installation à l'horizon 2025", peut-on lire dans l'exposé des motifs.
Le stockage sera autorisé après avis de l'Autorité de sûreté nucléaire, débat et enquêtes publics et avis des collectivités locales concernées. "Pour le gouvernement, c'est une question de responsabilité: notre génération (...) a le devoir de définir des solutions sûres et de long terme pour tous les déchets radioactifs", a souligné mercredi François Loos.
Le projet de loi prévoit toutefois que ce stockage devra obligatoirement être "réversible" pendant au moins cent ans. Il s'agit de "laisser aux générations futures une liberté de décision quant à leur choix de gestion, et notamment de fermeture" du centre, selon le texte.
Parallèlement, le gouvernement entend poursuivre les recherches sur la "transmutation", qui permet de réduire la toxicité et la durée de vie des déchets nucléaires. Il s'agit toutefois d'un "objectif de plus long terme", puisque cela suppose le développement de réacteurs nucléaires de nouvelle génération, a souligné M. Loos. "Un prototype sera mis en service vers 2020", a-t-il précisé.
Le projet de loi confirme par ailleurs l'interdiction de stocker définitivement en France des déchets étrangers, mais organise tout de même l'industrie de leur retraitement sur le territoire français.
Les substances radioactives envoyées par des pays étrangers pour retraitement ou pour la recherche pourront ainsi être stockées en France pour une "durée limitée" qui sera fixée par des accords intergouvernementaux.
Deux taxes versées par les exploitants d'installations nucléaires sont aussi instaurées pour financer les recherches sur la gestion des déchets radioactifs et le développement économique des départements qui accueilleront les sites de stockage. Les industriels du nucléaire, au premier rang desquels EDF, ont par ailleurs obligation de constituer des provisions dès aujourd'hui pour financer dans l'avenir la gestion de leurs déchets.
Le porte-parole du mouvement écologiste CAP 21, Eric Delhaye, a dénoncé mercredi dans un communiqué "un projet dangereux et inacceptable", en soulignant "l'absence de données scientifiques éprouvées pour garantir la faisabilité, la pérennité, l'absence d'impact ou la réversibilité" de l'enfouissement des déchets en couche profonde "à l'échelle de dizaines de milliers d'années". Par ailleurs, ce texte "ouvre les portes de la France et surtout de la COGEMA aux déchets nucléaires étrangers".
Le texte "confirme et légifère le statut de poubelle nucléaire internationale de la France", s'indigne aussi Frédéric Marillier, chargé du nucléaire à Greenpeace France, dans un communiqué commun de Greenpeace, de la Coordination nationale des collectifs contre l'Enfouissement des déchets radioactifs, du Réseau Sortir du Nucléaire, de Agir pour l'Environnement, des Amis de la Terre et de la Confédération Paysanne.
( Source: Nouvel Obs )
