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L’AFSSET (Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du Travail) publie ce jour un rapport et un avis d’expertise sur la pollution de l’air par les particules fines et son impact sur la santé. L’avis conclut qu’on ne peut trouver de seuil de pollution au-dessous duquel il n’y aurait pas d’impact sanitaire. De plus les expositions fréquentes à des niveaux modérés de pollution ont plus d’impact sanitaire que les pics, en France.

L’agence recommande donc de donner la priorité à la réduction des pollutions à la source (combustion du bois, du charbon et du fioul, industries, transports, agriculture…).

La mise en oeuvre de seuils d’information et d’alerte relatifs aux particules ne présente globalement pas de bénéfice sanitaire substantiel. Elle permet toutefois d’informer les populations sensibles (femmes enceintes, enfants, personnes âgées, personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires ou respiratoires) et de les inviter à adapter leurs comportements lors de pics.

Voir le communiqué

Il s'agit d'une étude historique qui sera citée des milliers de fois dans les années à venir", s'enthousiasme le professeur William Dab, titulaire de la chaire d'hygiène et sécurité au Conservatoire national des arts et métiers. Ce spécialiste des problèmes de santé liés à la pollution atmosphérique salue ainsi le vaste travail de trois auteurs américains qui démontre qu'une réduction de la concentration de l'air en particules fines de 10 microgrammes par mètre cube (µg/m3) est associée à un accroissement de l'espérance de vie en moyenne de 0,6 année. L'étude a été publiée, le 22 janvier, dans le New England Journal of Medicine.

Diverses études ont jusqu'ici montré les effets délétères de la pollution par les particules fines (d'une taille inférieure à 2,5 microns ou PM2,5). Une augmentation de leur concentration de 10µg/m3 a été associée à une réduction de l'espérance de vie de 1,11 année aux Pays-Bas, de 1,37 an en Finlande et de 0,8 an au Canada.


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NdlR: Les experts de la Communauté Européenne estiment la surmortalité en France liée à l'exposition aux particules fines à 30 000 décès par an ce qui est considérable et plus important encore que la mortalité par accidents de la route.

Une vidéo de l'exposé de Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement, avocate et présidente de Cap 21 dans le cadre du Congrès "Les respirations d'Enghien" des 9 au 11 Novembre 2007.

Dans son exposé, Corinne Lepage aborde le problème de la pollution de l'air causée par le trafic automobile sous les angles des émissions de particules fines comme des émissions de CO2 et du problème de la responsabilité. Elle souligne la particularité française de la trés forte "dieselisation" du parc automobile français et du manque de volontarisme des constructeurs pour équiper ces véhicules de filtres à particules et pour limiter les émissions de CO2 de manière forte.


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undefined Chacun reconnaîtra, dans le texte joint, ici la constance de Corinne Lepage qui dénonçait déjà la toute puissance des lobbys automobiles français en juin 1998 dans son ouvrage "On ne peut rien faire Madame, le Ministre ...", chez Albin Michel. Ce que dit Corinne Lepage dépasse largement les frontières du 12ème arrondissement de Paris et reste valable pour la France et d'autres pays très Diesel.

En effet, loin de s'améliorer, la maladie poursuit sa progression :
- diésélisation de plus en plus accentuée,
- vieillissement très inquiétant du parc automobile  français(chaque année la moyenne s'accroit d'un an actuellement),
- filtres à particules non obligatoires et donc n'équipant que très peu des nouveaux véhicules de marque française sur notre territoire national. Ce n'est pas le cas chez les voisins. 
J'ajoute que en Suisse, en Grande Bretagne et maintenant en Belgique, les autorités nationales non seulement divulguent toutes les concentrations en substance nocive dans l'air de manière transparente et non faussée, mais font, en outre,  connaître par des brochures et des sites internet dédiés les caractéristiques de pollution complète des véhicules : pollution climatique (le CO2), pollution sanitaire (particules fines, oxydes d'azote, ...) et aussi pollution sonore car cela compte aussi.

 En France, les indications ne concernent volontairement que le seul CO2 et les bonus-malus incitatifs mis en place récemment "bien sûr" ne tiennent compte que du CO2 émis ! 
Ce que l'on sait de plus c'est que la tendance des consommateurs est d'acheter plus gros, sachant qu'un diesel consomme un peu moins qu'un essence classique ; du coup le gain en émission de CO2 est de fait gommé ...
Tout le système "taxation avantageuse du gas-oil + bonus-malus fiscal + système d'information + pub des constructeurs sur les gros 4X4" est donc une tromperie qui coûte en maladie infantile (bronchiolites, asthmes, allergies) et en maladies mortelles (cancers, infarctus) ou encore maladies très contraignantes (asthmes, allergies,...).
 
Non comptant des ravages en France et en Europe (sauf quelques pays qui résistent GB, Suisse...), on veut convaincre les Nord-Américains de faire comme nous alors qu'ils ont tendance à être séduits par les hybrides (essence-électricité) que japonais, américains produisent mais aussi bientôt les coréens et chinois. 


Voir la conférence donnée à Paris par Corinne Lepage

Voir l'article de la revue belge Imagine sur le double discours des constructeurs automobiles

Voir l'extrait de son livre paru en 1998 où elle parle des lobbies

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Dans le cadre des municipales 2008, Isabelle Delannoy a réalisé ce dossier pour CAP21. C'est un enjeu de première importance. De nombreuses mesures sont prises dans différentes grandes villes d'Europe pour faire évoluer les comportements de manière drastique ...Il est temps !  et la France ...?

Chaque jour, plus de 14m3 d'air circulent dans nos poumons. Chargé de particules nocives, comme les oxydes d'azote, l'ozone ou les poussières fines, l'air vicié peut causer des dommages importants à la santé, quelque soit l'âge. Au banc des accusés, les transports routiers sont en première ligne. Mais d'autres pollutions comme celles causées par les pesticides ou par les dioxines, doivent être mieux contrôlées.

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A ceux qui pensaient être à l'abri de la pollution bien calfeutrés chez eux, Marie-Christine Blandin, sénatrice (Verts) du Nord-Pas-de-Calais, adresse un démenti. Rapporteur de l'office parlementaire des choix scientifiques et technologiques, composé de 32 parlementaires de toutes tendances politiques, l'élue rend public, jeudi 31 janvier, un travail consacré aux polluants de l'air intérieur. Le texte a été adopté à l'unanimité par l'office.

Selon la sénatrice, il s'agit d'un "enjeu sanitaire majeur". L'air intérieur est un "cocktail à risques" trop peu surveillé et dont les effets sur la santé ne sont pas correctement évalués, affirme-t-elle. Cet air est pourtant "davantage pollué, quantitativement et qualitativement, que l'extérieur". Le confinement augmente l'exposition des individus. De plus, nous passons 85 % de notre temps à l'intérieur, dans diverses "boîtes" : bureaux, maisons, voitures, bus, gymnases, bars, etc.

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Alors que les alertes à la pollution atmosphérique (dépassement de seuil de concentration pour les particules fines en particulier) se succèdent dans nos agglomérations, il n'est pas inutile de rappeler pourquoi elle est dangereuse pour l'être humain.

Les poussières fines (particulate matter (PM) chez les anglo-saxons) constituent un des composants de la pollution atmosphérique les plus dangereux avec les oxydes d'azote (NOx).

Origine des poussières fines : Véhicules à motorisation Diesel, installations de chauffage, installations d'incinération, feux d'ordure "au fond du jardin", feux de forêt...


undefined L’augmentation rapide de la concentration des particules fines entraîne :
- des symptômes respiratoires (toux, expectoration, essoufflement)
- le déclenchement de crises de bronchite, d’asthme et d’arythmie cardiaque
- l’absentéisme professionnel, des consultations médicales et la sollicitation des services d’urgence
-
des hospitalisations dues à des pneumonies, crises d’asthme, infarctus du myocarde et autres pathologies respiratoires et cardio-vasculaires
- des décès consécutifs à ces maladies


Une augmentation durable de la concentration de particules fines entraîne :

- des symptômes de bronchite chronique
-
la dégradation de la fonction pulmonaire
-
le cancer des poumons
- des décès prématurés et une réduction de l’espérance de vie


Source : Office Fédéral de l'Environnement  (Suisse)

Dans beaucoup de projets de candidats pour les élections municipales, on trouve un encart concernant le développement du chauffage au bois pour les ménages ou pour des chaufferies.

Il y a quelque temps un article du quotidien Le Monde titrait "Les experts dénoncent la pollution des chaufferies à bois" (1) . Un des experts cités par le quotidien comparait cette pollution avec celle dénoncée autrefois pour les incinérateurs. Aucune norme n'encadre leur fonctionnement en France.
Les problèmes de pollution sanitaire sont pourtant très comparables à ceux posés par les incinérateurs de déchets ou par les moteurs Diesel : Particules fines (PM), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), oxydes d'azote (NOx), dioxine, scories de métaux lourds, etc...
L'impact sanitaire lié à ces différents composants de pollution est, à moyen terme, une augmentation des maladies respiratoires (bronchiolites, asthmes) et cardiovasculaires et des cancers à plus long terme. Voici les informations (en anglais) que diffuse le Ministère de l'Environnement de l'Etat du Maine (USA) :

Voir l'information sur la combustion du bois

Voir l'information sur les émissions générées

Pourtant, il existe un retour d'expérience des Etats-Unis et du Canada, gros utilisateurs ... et dont les gouvernements commencent à s'inquiéter et à légiférer.

Voici le tableau comparatif issu  d'un rapport (2)  du département des ressources naturelles de l'Etat du Vermont (USA) : undefined La pollution générée par la combustion du bois est critique par temps couvert et absence de vent comme cela arrive souvent en période hivernale. Souvent les cheminées sont mal dimensionnées, en hauteur en particulier, pour une bonne dispersion des polluants dans l'atmosphère. Les retombées de suies, de particules fines diverses, d'oxydes d'azote et d'HAP (densité lourde par rapport à l'air) sont donc inévitables dans ces cas-là.
Pour les installations collectives (chaufferies), le traitement éfficace de dépollution des gaz nécessitent un investissement qui peut monter jusqu'à l'équivalent du coût de l'installation de combustion.
Alors observera-t-on les mêmes différences d'exigences et de règlementations entre Etats européens que pour les pots catalytiques et filtres à particule des véhicules Diesel ?

Extrait du rapport du Ministère de l'Environnement du Canada (3):

"Les résultats des mesures faites entre l’hiver 1999 et l’été 2002 dans un quartier résidentiel de Montréal, là où le chauffage résidentiel au bois est significatif, indiquent que la combustion du bois contribue à la détérioration de la qualité de l’air ambiant. Les concentrations de certains polluants peuvent y être jusqu'à cinq fois plus élevées en hiver qu'en été. Lorsqu'on compare ce quartier caractérisé par le chauffage au bois au centre-ville, les teneurs mesurées en hiver peuvent être jusqu'à deux fois plus importantes. Les résultats obtenus après l'hiver 1999, notamment pour la mesure des MP2,5 et des HAP en continu, confirment les résultats de la première campagne de mesure."


Conclusion : Attention à la tentation naturelle (instinctive ?) de "sanctification" du naturel.
Tout ce qui vient de la nature ne conduit pas obligatoirement à quelque chose de bon pour l'homme ou pour la nature !


PS : Pas loin d'ici, nos voisins Flamands de Belgique lancent une campagne pour mettre en garde les ruraux et péri-urbains sur les dangers sanitaires du petit feu d'ordures au fond du jardin.  53 % des émissions de dioxines produites en Flandre vient de cette origine et cette pollution augmente d'année en année (4).
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Références :

(1) Le Monde du 29 décembre 2007.
(2) Air Quality and Permitting Issues for Wood-fired Boilers at Schools, Vermont Agency of Natural Resources, 25 janvier 2007.
(3) Le chauffage résidentiel au bois, sommaire des résultats obtenus de 1999 à 2002, Environnement Canada, décembre 2004.
(4) 53% van de dioxine-uitstoot wordt veroorzaakt door vuurtjes in de tuin, Ministère de l'Environnement, de la Nature et de l'Energie de Flandre.
(5) Protection de l'air : Chauffages : Du bois d'accord, mais jamais sans filtre, Environnement,OFEV (Suisse) 4/2007.

 

 

Article publié le : 04/01/2008


Avec l’entrée en vigueur d’un péage urbain à Milan et d’une éco-pastille à Berlin, Cologne et Hanovre, l’année 2008 commence sous le signe de la lutte contre la pollution automobile urbaine. À chaque ville sa solution.

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GRENOBLE ENVOYÉE SPÉCIALE
La plupart des chaudières brûlant du bois échappent à toute réglementation. Pour les autres, les normes en vigueur sont bien moins sévères que pour les incinérateurs à déchets

Le chauffage au bois est-il aussi écologique qu'il en a l'air ? A priori, cette source d'énergie semble parée de toutes les vertus ; elle est notamment considérée comme neutre en matière d'émission de gaz à effet de serre - à condition que l'on replante l'équivalent de ce qui est brûlé. Aussi l'Etat a-t-il encouragé l'expansion des chaudières à bois par l'entremise de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Selon celle-ci, 1 880 chaudières sont aujourd'hui installées sur le territoire national, notamment dans la région Rhône-Alpes, la deuxième du pays en puissance installée.

Or des spécialistes de l'environnement de la région s'inquiètent des émissions nocives dues à la combustion. L'arbre capte en effet tous les éléments contenus dans l'atmosphère et dans le sol et, lorsqu'il est brûlé, on retrouve dans l'air un certain nombre de produits dangereux.

Gabriel Ullmann, expert auprès de la cour d'appel de Grenoble pour les questions d'environnement, n'hésite pas à parler d'une " véritable chape de plomb et de malhonnêteté intellectuelle ". " C'est une véritable bombe à retardement sanitaire qui nous attend, similaire à ce qui s'est passé pour les incinérateurs " de déchets, affirme-t-il. Un risque d'autant plus grave que, contrairement aux incinérateurs installés hors des cités, les grandes chaufferies sont construites en centre-ville, près des écoles, des maisons de retraite, des hôpitaux et des habitations.

" FLOU ARTISTIQUE "

M. Ullmann s'alarme du fait que 85 % des chaudières à bois, dont la puissance est inférieure à 2 MW, échappent à toute réglementation. Quant aux autres, même si elles doivent respecter des normes en matière d'émission de polluants, elles sont autorisées à rejeter des effluents en quantités plus importantes que les incinérateurs. Cela concerne les poussières - et notamment celles dont le diamètre est inférieur à 10 microns et qui se logent dans les poumons -, le monoxyde de carbone et les oxydes d'azote et de soufre.

Contrairement aux incinérateurs, aucune valeur limite n'est précisée concernant les émissions de métaux, de dioxine et d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dont une grande partie est cancérigène. Au total, " on reste dans un flou artistique ", ajoute M. Ullmann. A tel point que la direction régionale des affaires sanitaires et sociales de Rhône-Alpes s'en est émue et a demandé à la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, sa position face à ce risque sanitaire. Sans réponse pour l'instant. D'autres régions (PACA, Centre, Lorraine, Ile-de-France, Picardie) posent la même question.

Marie-Blanche Personnaz, directrice de l'Association pour le contrôle et la prévention de l'air de la région grenobloise (Ascoparg) estime que " l'on risque de tuer le bébé avec l'eau du bain si on ne prend pas des mesures sanitaires dès maintenant ". Selon elle, il serait dommage d'arrêter le développement de la filière énergie-bois pour ne pas avoir su faire face au problème des émissions dangereuses. Déjà, Grenoble et Lyon sont saisies par l'Union européenne en raison d'un taux de poussières trop élevé. " Et, pour les HAP, ajoute-t-elle, Grenoble est proche de la valeur cible imposée par une directive européenne de décembre 2004. "

Les pouvoirs publics sont avertis de la difficulté qui a été abordée lors des discussions du Grenelle de l'environnement. En février, Philippe Richert, vice-président du Sénat (UMP, Bas-Rhin), expliquait déjà, dans un rapport sur la qualité et le changement climatique, que la pollution due à la combustion du bois était une " réalité aujourd'hui méconnue, voire occultée en France ". Et il mettait en avant " la nécessité pour les pouvoirs publics de se saisir à bras le corps de ce problème, pour éviter qu'à l'horizon de dix ans, le bois ne devienne dans notre pays l'un des principaux contributeurs aux émissions les plus toxiques ".

Le blocage est peut-être dû au coût des filtres. Un système minimal renchérit en effet le prix de la chaudière de 20 %. Ce surcoût peut atteindre 100 % si l'on veut arriver au niveau de filtration des incinérateurs à ordures.

CHIFFRES :

1 400 CHAUFFERIES URBAINES ET 480 CHAUFFERIES INDUSTRIELLES sont installées en France grâce au programme bois-énergie de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).

PLUS DE 60 SOCIÉTÉS organisent et livrent du bois combustible, et plus de 300 organisations institutionnelles et professionnelles interviennent sur ce marché.

LA CONSOMMATION DE BOIS REPRÉSENTE 9 MTEP (millions de tonnes d'équivalent-pétrole) sur les 275 Mtep consommés en France chaque année. Cela a permis de réduire les taux de CO2 du pays de 700 000 tonnes.

LA FILIÈRE UTILISE 35 MILLIONS DE M3 de bois par an, dont 20 millions de m3 d'origine forestière.

undefined La combustion de biomasse (feux de cheminée, feux agricoles et feux de jardins) est responsable de 50 à 70% de la pollution carbonée hivernale en Europe. Tel est le verdict rendu par le programme européen CARBOSOL chargé d'étudier la pollution particulaire en composés carbonés en Europe, et coordonné par le Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (LGGE, CNRS / Université Grenoble 1). Un résultat surprenant, à paraître le 15 décembre dans The Journal of Geophysical Research, qui a en outre le mérite de souligner les voies possibles de lutte contre cette pollution.

Dans les années 2000, des campagnes de mesure de la pollution particulaire globale, c'est-à-dire de tous les aérosols, ont été lancées. Elles étaient en partie motivées par la croissance de la motorisation diesel, forte émettrice d'aérosols carbonés, dont on pensait qu'ils jouaient un rôle notable dans la pollution particulaire.

C'est dans ce contexte qu'a été lancé, en 2001, le programme européen CARBOSOL(1) d'étude de la pollution particulaire en composés carbonés. Ses objectifs étaient de faire un état des lieux de la quantité et de la composition des aérosols carbonés à l'échelle de l'Europe mais également d'en déterminer les sources. Il s'agissait notamment de définir les parts respectives des combustibles fossiles (transport, industrie, chauffage au fioul et au gaz) et de la biomasse (chauffage au bois, feux de végétaux) à cette pollution. Les recherches développées par ce programme, coordonné par Michel Legrand, directeur de recherche CNRS au LGGE(2), ont été soutenues par l'INSU-CNRS.

La biomasse, une importante source de pollution atmosphérique particulaire

Les principales méthodes utilisées dans ce programme faisaient appel à des traceurs chimiques et au carbone 14 (14C). Le levoglucosan, sucre produit lors de la combustion de la cellulose, s'est avéré un excellent traceur chimique permettant de relever sans ambiguïté les émissions dues à la combustion de biomasse. Le 14C, quant à lui, est un isotope radioactif du carbone qui se désintègre trop vite(3) pour se trouver dans les combustibles fossiles, mais qui est présent dans la biomasse.

Les chercheurs ont ainsi établi qu'en hiver, 50 à 70% de la masse des aérosols carbonés provient de la combustion de biomasse, ceci partout en Europe et aussi bien pour les masses d'air étudiées près du sol qu'en altitude. Les sites de mesure allaient en effet de la côte portugaise à la Hongrie, en passant par les observatoires du puy de Dôme (1400 m) et du Mont Blanc (4300 m).

Des résultats corroborés par des observations locales

Bousculant les idées reçues, ces résultats confirment et généralisent des observations plus locales, comme celle réalisée en 2004 au centre de Zurich qui a montré que la combustion de biomasse est responsable d'au moins 40% de la pollution en particules carbonées. Par ailleurs, concernant les métropoles françaises, une première étude conduite au cours de l'hiver 2007 par l'INERIS(4), à la demande du ministère de l'Écologie et du développement durable, avec la participation du Laboratoire de chimie moléculaire et environnement (LCME, Université de Savoie), du LGGE et des Associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (AASQA) de Paris, Lille, Strasbourg et Grenoble, a remis des résultats très similaires à ceux obtenus à Zurich.

Comment lutter efficacement contre la pollution particulaire carbonée?

Si de nombreux et coûteux efforts ont été faits et se poursuivent pour limiter la pollution particulaire carbonée, ces nouvelles études suggèrent que la manière la plus efficace de limiter cette pollution à l'échelle continentale, notamment en hiver, consisterait à s'attaquer principalement à la combustion de biomasse, par des évolutions technologiques et une réglementation sévère limitant ses modes d'utilisation. De telles mesures sont d'autant plus nécessaires, que de récentes études épidémiologiques ont souligné la similarité des effets sur la santé entre les fumées de combustion de biomasse et les produits pétroliers (diesel), tant dans la nature que dans la fréquence des troubles engendrés (affection respiratoire, cancer du poumon…). De nombreux États ont d'ailleurs interdit depuis longtemps les feux de cheminées ouvertes, les feux agricoles et ceux de jardins.

En savoir plus

Références

- Legrand, M. and H. Puxbaum, Summary of the CARBOSOL project: Present and Retrospective State of Organic versus Inorganic Aerosol over Europe, J. Geophys. Res., 112 (D23), doi:1029/2006JD008271, 2007.
- Pio, C., M. Legrand, T. Oliveira, J. Afonso, C. Santos, A. Caseiro, P. Fialho, F. Barata, H. Puxbaum, A. Sanchez-Ochao, A. Kasper-Giebl, A. Gelencsér, S. Preunkert, and M. Schock, Climatology of aerosol composition (organic versus inorganic) at non-urban sites on a West-East transect across Europe, J. Geophys. Res., 112 (D23), doi:1029/2006JD008038, 2007.
- Puxbaum, H., A. Caseiro, A. Sánchez-Ochoa, A. Kasper-Giebl, M. Claeys, A. Gelencsér, M. Legrand, S. Preunkert, and C. A. Pio, Levoglucosan levels at background sites in Europe for assessing the impact of biomass combustion on the European aerosol background, J. Geophys. Res., 112 (D23), doi:1029/2006JD008114, 2007.
- Gelencsér, A., B. May, D. Simpson, A. Sánchez-Ochao, A. Kasper-Giebl, H. Puxbaum, A. Caseiro, C. Pio, and M. Legrand, Source apportionment of PM2.5 organic aerosol over Europe: primary/secondary, natural/anthropogenic, fossil/biogenic origin, J. Geophys. Res., 112 (D23), doi:1029/2006JD008094, 2007.
- Szidat, S., T.M. Jenk, H.W. Gäggeler, H.A. Synal, R. Fisseha, U. Baltensperger, M. Kalberer, V. Samburova, S. Reimann, A. Kasper-Giebl, and I. Hajdas, Radiocarbon (14C)-deduced biogenic and anthropogenic contributions to organic carbon (OC) of urban aerosols from Zürich, Switzerland, Atmos. Environ., 38, 4035–4044, 2004.
- Naeher, L.P., M. Brauer, M. Lipsett, J.T. Zelikoff, C.D. Simpson, J.Q. Koenig, and K.R Smith, Woodsmoke health effects: A review, Inhalation Toxicology, 19:1, 67-106, doi: 10.1080/08958370600985875, 2007.

Notes

1) Outre la contribution française du LGGE, ce projet européen (2001-2005) rassemblait des chercheurs allemands (Institut für Umweltphysik, Heidelberg, Max Planck Institute for meteorology, Hambourg), autrichiens (Université technique de Vienne), portugais (Université d'Aveiro), hongrois (Université de Veszprém) et norvégiens (Institut météorologique norvégien, Oslo).
2) Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (CNRS / Université de Grenoble 1).
3) Sa demi-vie est de 5700 ans.
4) Institut national de l'environnement industriel et des risques.

 

Source : CNRS

Les chauffages au mazout et au gaz polluent beaucoup moins qu’il y a vingt ans. Par contre, beaucoup de foyers à bois sont en perte de vitesse sur le plan des effluents gazeux. Le bois, un combustible indigène renouvelable, est bon pour le climat mais dégage trop de poussières fines. La Confédération Hélvétique inverse la tendance en renforçant les prescriptions concernant les grands chauffages au bois.Ceci s'intègre dans le cadre du plan d'action lancé contre les particules fines (PM10)

Voir le texte de l'Office Fédéral de l'Environnement


 
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